Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 14:17

Chrysanthèmes

 

 

 

 

A la fin de l’été, quand nous portions en terre

Le corps de notre enfant – où étiez-vous, mes amis ?

Au fond de quels jardins restiez-vous endormis 

Quand j’allais vers la tombe en un deuil solitaire ?

 

Impuissants vous fuyiez le désespoir d’un père.

Je ne vous en veux pas, moi-même j’ai appris 

Combien terribles sont les chagrins infinis.

Nulle consolation : mieux vaut alors se taire.

 

Impensable aujourd’hui,  promesse pour demain :

Etre en fête avec vous, boire avec vous le vin...

Je suis encore en vie, et que nul ne s’étonne !

 

Pour l’instant sous la pluie où le jour se dissout

(Chrysanthèmes en fleurs, passe l’automne…)

Je marche sans parler : je n’en ai plus le goût.

 

Par bernard30 - Publié dans : autoportraits
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Samedi 25 août 2007 6 25 /08 /Août /2007 10:15

Je tourne la page …

 

 

  J’arrête ce blog :

. j’ai la tête vide : inutile d’écrire n’importe quoi simplement pour remplir du papier, même virtuel.

. je suis contraint de m’impliquer ces temps-ci dans d’autres domaines de réflexion.

 

  Lorsque j’en sentirai de nouveau le besoin, je créerai un nouveau blog – dans un style sans doute moins lourd.

 

  Merci à tous.

Par bernard30 - Publié dans : autoportraits
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Mercredi 1 août 2007 3 01 /08 /Août /2007 16:36

 

Déceler selon quelles voies (…) du négatif, loin d’être à bannir, met en mouvement et peut activer : à faire apparaître selon quel autre plan ce qui paraissait « mauvais » révèle des ressources inexplorées, et même inenvisagées, se découvre une fécondité possible et devient en mesure de coopérer. (F.Jullien « Du mal/Du négatif » P20)

 

3

 

  Moins évident à gérer : le refus affiché par certains élèves de tout travail scolaire ; on dirait : de toute collaboration avec l’institution scolaire.

. refus de tout travail à la maison

. pas d’attention en classe

. venir en classe sans cahier ni livre, avant de venir carrément au collège sans cartable.

. indifférence affichée à tout résultat scolaire ; refus de toute punition…

 

Ils nous atteignent particulièrement dans le refus systématique de s’intéresser à ce qu’on peut leur proposer en classe.

 

*

 

Je cite ici quelques lignes Anne Querrien (L’ensorcellement scolaire) :

 

Le travail comme seul et unique désir légitime, le devoir comme seule réalité. Pas le travail concret de telle matière, la production de tel ou tel objet ou service, l’application de tel savoir-faire. Non, le travail libre de toute affectation a priori, le travail libre de tout affect, le travail comme obéissance. Peut-on considérer l’école comme la machine centrale de la production du «travailleur libre » dont parle Marx, de ce travailleur qui ne désire que travailler et se reproduire comme travailleur, qui ne désire qu’obéir, ce qui ne l’empêche pas, au contraire, de lutter pour les meilleures conditions de sa reproduction ?

 

Les limites que la machine scolaire assigne au désir, les voies et moyens par lesquels elle le fait, la population qu’elle vise pour lui donner tel ou tel type de formation, varient selon les transformations de l’organisation du travail à laquelle la machine scolaire est subordonnée.(…) Il s’agit de transformer le désir de savoir, d’apprendre, en obligation de travailler, en obligation de désirer travailler. Il s’agit de transformer le désir de savoir, d’apprendre, en obligation de travailler, en obligation de désirer travailler.

 

*

 

 Ces élèves en refus scolaire nous poussent à la faute : les marginaliser à défaut de pouvoir les exclure. Or ils nous renvoient à des questions essentielles. « Le travail comme seul et unique désir légitime, le devoir comme seule réalité » ; «  le travail comme obéissance » ; « Il s’agit de transformer le désir de savoir, d’apprendre, en obligation de travailler, en obligation de désirer travailler. ». Exagéré ? Peut-être. Faux ? Sûrement pas.

 

  L’Education Nationale a pour mission de former des citoyens (et non plus des Humains : évolution intéressante, et positive à mon sens) ; le mandat n’est pas neutre, évidemment, il est éminemment politique. Et le refus de certains élèves de jouer ce jeu ouvre à des questions riches d’implications politiques. (Je ne dis pas qu’ils ont forcément raison ; mais ils exigent une réponse très réfléchie et motivée).

 

  Parmi les questions posées : les adultes du pays nous demandent d’éduquer les jeunes à l’idée du « travail comme seul et unique désir légitime » ; ces mêmes adultes qui se flattent de vivre dans une société du loisir et de la consommation….

 

.  Acceptons de reconnaître que nous identifions pour eux « travail » et « travail scolaire » : est-ce innocent de la part de notre corporation, dont c’est le gagne-pain sinon le fond de commerce ?

 

. Dans le même ordre d’idées : notre corporation rejette avec indignation le rapprochement de l’école et du monde des entreprises. Les remarques d’Anne Querrien soulignent qu’en fait l’école, dans cette séparation même d’avec le monde du travail réel, formate les jeunes pour le travail capitaliste. Exagéré ? Peut-être. Faux ? Sûrement pas.

 

 

*

 

Etc.

 

*

 

 

.  Chercher avec eux comment s’exprime leur « désir de savoir, d’apprendre ».  Les mettre devant leurs responsabilités…Le refus de travailler n’est pas un projet en soi.

 

 . Accueillir leur provocation comme une mise en question importante ; mais aussi les conduire à formuler quel pourrait être positivement leur projet ?

(Dans cette optique, la proposition de l’option DP6 pour la 3e pour ces élèves est intéressante : occasion de se projeter sur un avenir à concevoir en termes positifs et pas seulement en refus ; expérience à suivre de près)

 

Etc.

 

 

(Je pars en vacances maintenant – et non pas deux mois entiers, comme veut le croire ma boulangère. J’emporte le texte d’Anne Querrien, qui mérite sûrement plus ample analyse, et aussi de notre part des réponses concrètes dans la gestion des classes.

Episode à suivre, donc)

Par bernard30 - Publié dans : vie scolaire
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Mercredi 1 août 2007 3 01 /08 /Août /2007 10:48

Déceler selon quelles voies (…) du négatif, loin d’être à bannir, met en mouvement et peut activer : à faire apparaître selon quel autre plan ce qui paraissait « mauvais » révèle des ressources inexplorées, et même inenvisagées, se découvre une fécondité possible et devient en mesure de coopérer. (F.Jullien « Du mal/Du négatif » P20)

 

2

 

  Les difficultés de l’apprentissage des mathématiques, les blocages, les refus doivent aussi être des occasions d’explorer d’autres pistes, de révéler des ressources inexplorées, de nous découvrir une fécondité nouvelle.

 

*

 

  Plusieurs élèves (et pas qu’en 6e) connaissent mal les tables de multiplication. Or on s’en sert pour l’arithmétique : multiples, division euclidienne, transformation des fractions, recherche de diviseurs communs, etc.

  Or l’utilisation de tables écrites (lignes et colonnes) permet bien plus que de remédier à cette mauvaise connaissance : elle permet de visualiser les multiplications, et de voir ce qu’on fait lorsque l’on cherche et utilise les multiples d’un nombre.

  Même ceux qui connaissent les tables y trouvent une approche un peu différente de la simple mémorisation qu’on leur a demandée au primaire (à juste titre).

 

*

 

  Défaut de mémoire (il paraît que c’est plus vrai encore dans les ZEP qu’ailleurs ?) Au lieu de pleurer, au lieu de rabâcher, constatons qu’il faut constamment reprendre ce qui a déjà été vu ; et que c’est l’occasion :

. de constater que certaines notions sont en fait peu utilisées – elles tombent vite dans l’oubli de nos oublieux élèves : ont-ils tort ?

 

. de montrer inversement que des notions que les élèves jugent gratuites se retrouvent régulièrement dans des domaines variés et inattendus : il faut donc que la mémoire se construise par touches successives.

 

 Sortir d’une approche Bourbaki des mathématiques (= progression linéaire, savoir en accumulation systématique, chaque affirmation doit être justifiée par ce qui précède…) ; notre progression se fait beaucoup plus en spirale qu’en ligne droite : eh bien jouons de cette liberté ! Un travail plus fragmentaire, une rigueur plus humble, ouvrage de maçons plus que d’architectes

 

 *

 

  Les élèves contestent volontiers l’utilité des mathématiques (on peut bien vivre sans Pythagore, sans équations, etc.). Ils ont raison ! Le monde moderne est numérisé à outrance, mais le cache bien ; et l’on peut vivre sans réellement calculer ni mesurer ; à condition d’accepter de laisser la manipulation des nombres à quelques techniciens et ingénieurs qui seuls savent comment marche le monde…

  Il y a à faire un gros travail de représentation numérique et géométrique du monde à hauteur d’un regard d’enfant ou d’adolescent. Notamment redonner une importance primordiale à la mesure et à la gestion de données. Y compris en organisant la pratique de la mesure et la collecte de données.

 

  En somme, accepter la contestation des élèves quant à l’utilité des mathématiques, et répondre en mathématisant leur vision du monde.

Par bernard30 - Publié dans : vie scolaire
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Mardi 31 juillet 2007 2 31 /07 /Juil /2007 21:30

Déceler selon quelles voies (…) du négatif, loin d’être à bannir, met en mouvement et peut activer : à faire apparaître selon quel autre plan ce qui paraissait « mauvais » révèle des ressources inexplorées, et même inenvisagées, se découvre une fécondité possible et devient en mesure de coopérer. (F.Jullien « Du mal/Du négatif » P20)

 

1

 

 Une telle démarche, au niveau le plus élémentaire, relève du bon sens, en deçà de toute théorie. Par exemple :

 

*

 

  La 3e4 : Y. est sans doute celui que j’ai eu le plus à soutenir ; tenté d’abandonner l’école il y a un an, et de se placer en apprentissage,  il a réussi à s’intéresser aux études, et a obtenu l’inscription en BEP dans la voie qu’il voulait.

Mais que de bavardages tout au long de l’année ; que de distractions ; toujours sympathique, mais pas vraiment fiable ; les dernières semaines ont été conflictuelles.

Rétrospectivement, je me rends compte que par ses limites mêmes je l’ai pris comme baromètre dans la classe : j’ai réglé la progression dans le programme sur sa capacité d’apprentissage, et même le temps utile de travail à chaque heure  de cours sur ses capacités de concentration.

 

*

 

  Les élèves de 6e : trop parmi eux ne font pas les exercices à la maison. D’où l’idée de donner un (court) devoir chaque semaine à rendre sur feuille : le contrôle est plus facile, certains apprennent à s’organiser dans le temps ; ceux qui vont à l’aide aux devoirs peuvent se faire aider. Tous ou presque aiment cette formule qui s’avère positive : cela permet aussi de travailler la propreté de la présentation, ainsi que l’exigence de rédiger (un peu) la solution, etc.

 

*

 

  Des mêmes 6e : grandes difficultés à obtenir qu’ils aient leur matériel : équerres, compas, rapporteurs, calculatrices, etc.

  On retourne la chose : j’ai dans mon armoire un carton avec mon propre matériel de géométrie+ trois ou quatre calculatrices dans mon tiroir. Deux aspects positifs :

. certains élèves aiment cette démarche qui crée un lien particulier avec le professeur/avec la salle de mathématiques (réminiscences de l’école primaire ?) ; peut-être aussi cela les renvoie-t-il à des modes de fonctionnement sociaux plus collectifs, moins individualistes que la norme « chacun a son matériel ».

. ce matériel étant à moi et non au collège, sa disparition me touche personnellement et la discussion qui s’ensuit sur la responsabilité de chacun est plus concrète.

 

*

 

  La crise de la 5e1 débouche sur des discussions intéressantes avec les filles qui s’estimaient écrasées de travail. Discussions intéressantes non pas sur le travail, mais sur la vie relationnelle au sein de la classe. A vrai dire, je ne suis pas sûr qu’elles soient prêtes à une réflexion critique sur elles-mêmes ; mais au moins les reproches qu’elles me font (plus ou moins justifiés) me permettent de préparer la rentrée prochaine sur des bases plus claires.

 

  La mentalité loft-story, à laquelle elles adhèrent pleinement, me paraît très négative. La condamner ne sert à rien sinon à bloquer la situation ; reste à la retourner en positif, ou au moins à amener les élèves à s’en détacher un peu.

 

**

Tout cela, je le répète, est élémentaire et relève du bon sens. J’ajoute que dans chacun de ces exemples il y a le pour et le contre. On pourrait réagir en sens contraire, et réussir mieux que moi. Gérer une classe est un art, pas une science…

Par bernard30 - Publié dans : vie scolaire
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